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par Aude Chardenon2 juin 20210 commentaires

Covid-19 : le secteur du bricolage en pleine accélération

Alors que le secteur tardait à se digitaliser, la pandémie de Covid a poussé les acteurs du bricolage à accélérer leur stratégie omnicanale. Tour d’horizon rapide des innovations mises en place par les enseignes en matière de services, et qui illustrent leur entrée fracassante dans l’ère de l’adaptive retail.

Dans le retail, le secteur du bricolage est parmi les grands gagnants de la crise sanitaire. Confinés, de nombreux consommateurs se sont tournés vers l’aménagement de leur habitat, pour des petits travaux de rénovation et d’aménagement, du rangement, ou tout simplement pour procéder à des petits changements en matière de décoration.

Ainsi, selon un sondage Opinionway pour Alkemics réalisé en février dernier, les Français, par exemple, bricolent plus qu’avant : près de la moitié sont des bricoleurs réguliers et 27% d’entre eux bricolent plus qu’avant les confinements.

Dans les enseignes spécialisées comme généralistes, cet engouement pour la “maison refuge” est vite perçu. Si les pure players sont naturellement équipés pour faire face à une augmentation des ventes en ligne, ils doivent ajuster notamment leurs capacités de livraison. Du côté des brick and mortar, on va devoir faire preuve d’une grande agilité pour répondre à cette hausse de la demande dans un contexte particulièrement difficile : certains points de vente ne peuvent accueillir des clients ou voient leurs horaires modifiés.

En temps record, ces enseignes de bricolage accélèrent leur transformation digitale : en France, Castorama met en oeuvre en un temps contraint un projet déjà inscrit sur sa feuille de route : l’adaptation de son réseau en points de retrait pour les marchandises commandées en ligne. Initié lors du premier confinement, ce service de drive a été déployé en moins d’un an sur l’ensemble du parc… soit une centaine de magasins !

En Pologne, l’enseigne a également installé des casiers de retrait. En quelques jours, les trois enseignes du groupement des Mousquetaires (Bricomarché, Bricorama et Brico Cash), adaptent leurs parkings pour permettre à leurs clients de retirer leurs commandes. D’autres, comme Wurth, mettent un service d’e-réservation, gommant au passage l’un des grands irritants du secteur : l’indisponibilité des produits.

Autre exemple majeur du secteur, le géant suédois Ikea qui déploie un service de planification à distance pour la cuisine et le rangement, et de coaching en décoration en ligne ! Pour garder, voire approfondir, les liens avec ses clients, l’Américain Home Depot a diffusé des ateliers en livestreaming. Les participants reçoivent des coupons de réduction.

Autre stratégie, adapter son offre : en mai 2020, Leroy Merlin (Adeo) lance de son côté sa propre marketplace, avec à la clé une exhaustivité de l’offre pouvant rivaliser avec les spécialistes du web !

Dernièrement et en magasin, c’est l’enseigne allemande Hornbach qui a annoncé déployer les caméras intelligentes Captana dans ses rayons afin de suivre en temps réel les ruptures. Cette solution, nourrie de technologies d’intelligence artificielle dont la vision par ordinateur, permet de gérer les stocks et les disponibilités des articles de petite taille. On peut également imaginer que les services dotés de fonctionnalités en 3D et/ou réalité augmentée vont continuer sur leur lancée !

Enfin, un challenge de taille attend les spécialistes du secteur : comme pour les produits alimentaires, les consommateurs s’intéressent de plus en plus à l’origine et à la composition de certaines références. Ainsi, en France, alors que 88% des consommateurs se renseignent avant d’acheter, on voit apparaître de nouveaux critères tels que la réparabilité, l’impact environnemental ou encore l’origine des produits*.

Et on le pressentait, ces nouvelles préoccupations seront durables quelle que soit la catégorie des produits. Selon Accenture**, 35% des consommateurs affirment avoir transformé leurs habitudes en matière de circuits pour leurs achats alimentaires. Et 95% des consommateurs qui ont apporté au moins un changement à leur mode de vie espèrent que celui-ci sera permanent.

Quels prérequis technologiques sont nécessaires à ces innovations ? Quelles solutions sont mises en place par les enseignes et les fournisseurs du secteur pour répondre à la demande de transparence des consommateurs et aux enjeux de l’omnicanal ?

*Etude Opinionway pour Alkemics “Les Français et les achats de bricolage », réalisée du 6 au 11 janvier 2021.
**Etude SAP/Accenture 2020 Les (vraies) priorités des consommateurs post-confinement